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Kinshasa, le 05 décembre 2025

Dans une correspondance du 03 décembre 2025, le député national Carly Nzanzu Kasivita, élu du territoire de Beni, demande à la Première ministre de la République démocratique du Congo de reconduire les décrets sur les allègements fiscaux et parafiscaux accordés en 2024 aux opérateurs économiques du Nord-Kivu et de l’Ituri, deux provinces sous état de siège.

Toujours dans sa lettre adressée à la cheffe du gouvernement, l’élu du peuple affirme que l’esprit du décret du premier ministre censé atténuer l’impact de l’insécurité sur les activités économiques n’a pas été respecté sur le terrain par les dirigeants provinciaux.

« En effet, la volonté du Président de la République matérialisée par la signature du décret ci-haut cité avait été compromise dans les deux provinces. Au Nord-Kivu, pendant que le gouvernement central avait décidé de diminuer la parafiscalité sur le carburant conformément à l’article 2 du décret ci-haut cité, la Province avait préféré augmenter les charges sur le camion-citerne de 40 m³ de 1000 dollars payés avant comme taxe conventionnelle à 3000 dollars. Les exportations du cacao et du café ont été chargées par des frais supplémentaires arrêtés à 10 dollars par tonne de cacao et 5 dollars par tonne du café, et celà contre la philosophie de la loi portant principes fondamentaux relatifs à l’agriculture. Dans la même Province, et pendant la même période, les agences en douane ont plafonné leurs honoraires à 1200 dollars par camion-citerne de 40 m³, pourtant les relations entre les opérateurs économiques et les agences en douane relèvent de la loi de la libre concurrence » indique l’Honorable Carly Nzanzu Kasivita, député national élu du territoire.

Selon le député national Carly Nzanzu, les mesures décidées par Kinshasa notamment, la réduction de la parafiscalité sur les produits stratégiques comme le carburant auraient été contredites par des pratiques provinciales, entraînant une augmentation des charges pour les transporteurs et exportateurs.

Dans les mêmes provinces (Nord-Kivu et Ituri), les agences en douane auraient relevé leurs honoraires à 1200 dollars par camion-citerne, alors que ces services relèvent du principe de libre concurrence.

En Ituri, la taxe conventionnelle sur le carburant aurait également été majorée, passant de 1000 à 1500 dollars par camion-citerne.

Pour le député Carly Nzanzu Kasivita, ces surcharges, toutes répercutées sur les consommateurs, compromettent les efforts du gouvernement visant à soulager des populations « meurtries » par l’insécurité et à encourager la reprise économique.

Kasivita appelle ainsi à la reconduction du décret n°24/017 du 21 novembre 2024, dont l’échéance de douze mois est arrivée à terme, ainsi qu’à la prolongation du décret n°25/04 du 13 février 2025, estimant que ces dispositifs demeurent essentiels pour stabiliser les provinces sous état de siège.

Il exhorte la Première ministre à rétablir pleinement la politique nationale de décompression fiscale afin que les communautés locales bénéficient réellement des mesures décidées par le gouvernement central.

« C’est pourquoi, Excellence, Madame, la Première Ministre, en ma qualité du représentant du peuple qui devrait bénéficier totalement des effets induits de cette politique de la décompression de la pression fiscale et parafiscale; je sollicite la reconduction du décret N°24/017 du 21 Novembre 2024, qui aux termes de son article premier, l’échéance de 12 mois est déjà expirée. Nous souhaiterions que ça soit fait de même pour le décret N°25/04 du 13 février 2025 car étant convaincu que votre gouvernement est encore fortement engagé à soutenir les populations meurtries dans les deux provinces » conclu-t-il dans sa lettre adressée à Madame la première ministre, Judith Suminwa depuis le 03 décembre.

Rédaction