Par Azarias Mokonzi
Depuis près de deux mois, la ville d’Oicha et la commune rurale de Kasindi sont le théâtre d’une campagne d’affichage d’une rareté déconcertante. Des panneaux géants, arborant le visage de l’honorable Bosco Kombi Pendani, recouvrent les axes stratégiques. Le message diffusé au public est univoque : le député national se proclame l’artisan unique et exclusif du plaidoyer ayant conduit au changement administratif de ces deux entités.
Cette posture, en plus d’être ridicule, constitue un manque de respect flagrant envers la population. Non, le statut administratif de ces localités n’est en rien le fruit d’une démarche portée par cet élu. Transformer une procédure administrative en instrument de glorification personnelle témoigne d’une dérive troublante. À quoi servent l’élaboration des lois et le contrôle de l’action gouvernementale si l’exercice du mandat se limite à des campagnes d’auto-satisfaction sur des panneaux publicitaires ?
Les faits : une imposture démontée par les actes
Sur le plan administratif, aucun document officiel adressé à la Première ministre sur ce dossier ne porte la signature de M. Pendani. L’initiateur réel de cette démarche est M. Jonas Kasimba, président national de l’Alliance des Congolais pour la Défense du Peuple (ACDP). C’est M. Kasimba qui a formellement saisi la cheffe du gouvernement pour exiger l’application du décret de 2013. À la suite de ce courrier, la Première ministre a instruit le ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières d’acter cette opérationnalisation. Poursuivant sa démarche globale pour rapprocher l’administration des citoyens dans une région meurtrie par l’insécurité, Jonas Kasimba a également sollicité la signature d’un arrêté visant à nommer les animateurs des villes d’Aru, Ariwara, Ingbokolo, Mahagi et Mungwalu, ainsi que de plusieurs communes rurales de la région (Irumu, Biakato, Djugu, Mambasa, Niania, entre autres).
Un écran de fumée pour masquer un vide parlementaire
Cette agitation publicitaire cherche en réalité à occulter un bilan parlementaire inexistant. Depuis son élection en 2023, le parcours de M. Pendani à l’Assemblée nationale se résume à :
- Aucune proposition de loi initiée ;
- Aucun moyen de contrôle ou d’information exercé face au gouvernement ;
- À peine trois interventions chronométrées dans l’hémicycle.
Ce constat traduit un vide de représentation regrettable. Au lieu de défendre ses électeurs à Kinshasa, le député choisit la distraction sur le terrain. Le mandat du peuple est un sacerdoce, non un panneau d’affichage. Il est temps que l’honorable Bosco Kombi Pendani rejoigne le front parlementaire, là où le travail d’un élu est réellement attendu.
Tribune de Azarias Mokonzi sur la plumeducongo.net