Beni, le 10 août 2026
__ Dans une région déjà meurtrie par les affres sécuritaires, une autre bombe à retardement menace d’exploser au cœur du Nord-Kivu. Le 31 juillet 2026, le député provincial Kasereka Mbafumoja Élie, dit « Elie Mayangose », a transmis une note de plaidoyer au Gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général Kakule Evariste Somo. Son objectif : alerter l’autorité provinciale sur la crise foncière chaotique qui ravage la ville de Beni, devenant une source majeure de conflits et d’insécurité.
Un réseau de fraudes et d’expropriations en pleine ville
Au centre du problème réside un chevauchement toxique entre l’administration urbaine, les services fonciers et divers acteurs privés. L’élu dénonce un recours abusif à des décisions de justice exécutées en violation totale des lois et des droits coutumiers des communautés autochtones. De faux chefs coutumiers s’allient à certains gestionnaires des affaires foncières pour spolier les citoyens. Ce réseau s’adonne au morcellement illégal et au relotissement de terres agricoles ou d’anciens blocs (comme le bloc CENKI), créant un désordre indescriptible. Plus grave encore, des forces non habilitées sont instrumentalisées pour exécuter des déguerpissements forcés au profit d’individus influents.
Des conséquences dramatiques pour la paix sociale
Cette gestion frauduleuse alimente un climat d’insécurité permanente qui fragilise davantage la région :
- Incertitude juridique : Ventes multiples d’une même parcelle, superposition de titres et de jugements contradictoires.
- Violences sur le terrain : Destructions d’habitations, de cultures et recrudescence des tensions communautaires.
- Dérive institutionnelle : Atteinte grave à la crédibilité de l’État et détournement des forces de sécurité à des fins privées.
Alors que Beni subit déjà le terrorisme des ADF et les retombées de l’agression de la coalition AFC/M23, ce désordre foncier menace d’anéantir les efforts de restauration de l’autorité de l’État.
Les six exigences de l’Honorable Mbafumoja
Pour enrayer cette spirale, le député sollicite l’intervention immédiate du Gouverneur militaire à travers six mesures clés :
- Audit complet : Lancer une enquête administrative, technique et juridique sur la gestion foncière à Beni.
- Commission ad hoc : Créer une structure regroupant Cadastre, Urbanisme, Administration et notables terriers pour assainir le secteur.
- Moratoire sur les déguerpissements : Suspendre toute exécution contestable susceptible de troubler l’ordre public.
- Coordination renforcée : Harmoniser le travail entre la justice, l’administration et les services techniques.
- Sanctions exemplaires : Engager des poursuites contre tout agent public ou fraudeur impliqué.
- Prévention durable : Instaurer un mécanisme permanent de règlement des différends fonciers.
Face à ce dossier brûlant, la population de Beni attend désormais une réaction ferme de l’autorité provinciale pour rétablir la justice et la paix sociale.
Rédaction