Beni, le 18 juillet 2026
Alors que l’idée d’un dialogue national, activement portée par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et soutenue par une large partie de la classe politique et sociale, se précise, le Notable Bravo Vukulu sort du silence. À travers une réflexion profondément patriotique et rigoureuse, il appelle à ce que ces assises ne soient pas un énième « partage de gâteau » politique, mais un véritable tribunal de la vérité historique pour le peuple congolais.
Pour le Notable Bravo Vukulu, l’heure n’est plus aux arrangements de coulisses. Face aux crises répétées qui secouent la République démocratique du Congo depuis 1997, l’annonce d’un dialogue national doit marquer une rupture définitive. Selon lui, ces assises doivent impérativement servir de cadre pour éclairer la lanterne des Congolais sur les causes profondes des tragédies qui endeuillent le pays depuis près de trois décennies.
L’exigence d’une vérité historique : les grands acteurs face à leurs responsabilités
Bravo Vukulu estime que la lumière ne pourra être faite sans la contribution active des figures majeures qui ont façonné l’histoire politique et militaire récente de la RDC. Il cite notamment l’ancien président Joseph Kabila, mais aussi Corneille Nangaa, Moïse Katumbi Chapwe, Martin Fayulu, ou encore Bertrand Bisimwa. Pour le notable, tous ces acteurs appelés à participer au dialogue ont le devoir moral d’apporter leur part de vérité sur les crises successives.
De plus, il invite les autorités religieuses influentes, à l’instar du Cardinal Fridolin Ambongo, en tant que parties prenantes majeures, à s’impliquer pleinement dans cette quête collective de solutions durables.
« Le dialogue ne doit pas être un simple cadre de compromis politiques, mais un moment de vérité permettant d’éclairer le peuple congolais. » a indiqué Bravo Vukulu.
Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri : les provinces martyres exigent une représentation équitable
Au cœur de la réflexion de Bravo Vukulu se trouve une exigence non négociable : la représentativité des principales victimes. Les populations du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri doivent être installées au centre des débats.
Il prévient qu’aucune paix durable ne pourra être obtenue si l’on exclut ou marginalise les voix de ceux qui subissent, jour après jour et depuis des décennies, les massacres, les déplacements forcés, les violences sexuelles ainsi que le pillage systématique des ressources naturelles.
Établir les responsabilités sans céder à l’impunité
Tout en insistant sur le respect scrupuleux de la présomption d’innocence et des règles de droit, le notable demande que le dialogue réponde aux interrogations légitimes de la population. Les participants devront notamment s’expliquer sur les circonstances entourant les différentes interventions militaires et la présence de forces étrangères sur le sol national.
Sur le plan juridique, Bravo Vukulu se montre intraitable : le dialogue ne doit en aucun cas devenir une machine à blanchir ou un mécanisme d’impunité.
S’appuyant sur les fondamentaux de la République, il rappelle deux piliers de la Loi suprême :
L’article 16 de la Constitution : La personne humaine est sacrée. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger.
L’article 61 de la Constitution : Le droit à la vie fait partie des droits régaliens auxquels il ne peut être dérogé, quelles que soient les circonstances.
Il en appelle donc à la stricte indépendance du pouvoir judiciaire, conformément aux articles 149 et 150, afin que toute personne contre qui pèsent des indices sérieux de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité réponde de ses actes devant les juridictions compétentes, nationales comme internationales.
Sécurité et souveraineté : un état des lieux avant l’ouverture des assises
Sur le plan sécuritaire, Bravo Vukulu formule une exigence technique préalable : avant le coup d’envoi des travaux, l’État congolais doit présenter une cartographie et une situation parfaitement claire de la présence des forces étrangères et des groupes armés. Une attention particulière doit être accordée aux régions de Tchabi, Boga, Walese-Vonkutu et à une partie du territoire de Beni. Toute présence militaire extérieure doit être passée au crible des lois de la République et des accords internationaux.
Un dialogue « au pays » pour et par le peuple
Pour garantir la transparence et l’appropriation par la base, le Notable Bravo Vukulu exige que le dialogue soit intégralement organisé sur le sol congolais. Cette proximité géographique est essentielle pour permettre aux populations de l’Est de suivre en direct les débats et d’entendre les justifications des leaders nationaux.
En guise de conclusion, il invite les organisateurs à tirer les leçons des rendez-vous manqués du passé, de la Conférence Nationale Souveraine aux accords de Sun City.
Les futures assises ne doivent pas être perçues comme un énième partage du pouvoir, mais comme l’acte de naissance d’une RDC restaurée, unie autour de la justice, de la réconciliation et du respect sacré de l’État de droit.
Rédaction