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La décision du mouvement AFC/M23 de fermer les lieux de culte de l’Église pentecôtiste Lumière du Monde – Cité de Refuge, dirigée par le pasteur Jules Mulindwa, suscite une vague d’indignation dans les zones sous contrôle rebelle au Nord-Kivu.

Depuis près d’une semaine, les portes des églises restent fermées, plongeant des centaines de milliers de fidèles dans l’incompréhension et l’inquiétude. Selon plusieurs responsables de la communauté, cette mesure serait liée à l’enseignement doctrinal de l’église, notamment inspiré du passage biblique de Romains 13, qui appelle les croyants à prier pour les autorités légalement établies.

Une position spirituelle qui, dans le contexte politique et sécuritaire actuel, pourrait être perçue comme sensible dans les territoires occupés.

Sur les réseaux sociaux, les prédications du pasteur Jules Mulindwa à caractère patriotique circulent largement. Dans ses messages, il insiste régulièrement sur le civisme, la responsabilité citoyenne et l’attachement aux institutions reconnues.

Ces prises de parole auraient-elles provoqué un malaise auprès des responsables du mouvement AFC/M23 ? À ce stade, aucune communication officielle du mouvement n’a clarifié les motivations exactes de la fermeture. Avec une communauté estimée à près de 500 000 fidèles dans les territoires concernés, l’impact social de cette décision est considérable.

Pour de nombreux croyants, l’église ne représente pas seulement un lieu de prière, mais aussi un espace d’encadrement moral, social et parfois humanitaire. « Qui accompagnera désormais ces milliers de personnes dans un contexte déjà fragile ? », s’interrogent certains fidèles rencontrés.

Au-delà de la dimension religieuse, plusieurs observateurs évoquent un débat plus large sur la liberté de culte dans les zones en conflit. La fermeture prolongée des églises pourrait accentuer les tensions et fragiliser davantage le tissu social local.

Alors que les fidèles espèrent une réouverture rapide de leurs lieux de rassemblement, des appels au dialogue et à la tolérance religieuse se multiplient.

Dans un contexte où la cohésion communautaire reste un enjeu majeur, toute décision perçue comme restrictive peut avoir des répercussions profondes sur la stabilité sociale.

Rédaction