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Kinshasa, le 05 janvier 2026

05 janvier 2026 – 05 janvier 1993, voilà exactement 33 ans depuis la disparition inopinée de Nyamwisi Muvingi Enoch, leader et fondateur du parti politique Démocratie Chrétienne Fédéraliste / Nyamwisi (DCF-N) et ancien ministre du gouvernement zaïrois à l’epoque du Maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga. Connu sous le pseudonyme de « Monsieur le débat », Enoch Nyamwisi avait été abattu en plein cœur de la ville de Butembo.

À l’occasion de ce triste anniversaire, le notable Serge Nyamwisi l’un des fils biologiques du feu leader Nyamwisi Muvingi Enoch réitère l’engagement de poursuivre acharnement la noble lutte de celui qu’il considère comme éclaireur des fils et filles de l’Est du pays, pour le changement.

Récit de Serge Nyamwisi

« En ce 05 janvier 2026, nous commémorons le trente-troisième anniversaire de ton assassinat, survenu en Ville de Butembo, au Nord-Kivu, le mardi 05 janvier 1993, aux heures du soir, aux environs de 16 heures.

Par ta mort brutale, ton sang a rejoint celui des autres martyrs tombés sur le champ d’honneur dans le combat héroïque pour la paix, la liberté, la démocratie. Elle nous rappelle, chaque année, le prix que certains ont payé pour avoir osé parler, pour avoir osé dénoncer, pour avoir osé défendre le peuple face à l’arbitraire. En effet, sans lutte, sans sacrifice, il n’y aura pas de liberté, de paix, de démocratie,…

Ta famille biologique et politique se souvient de ton engagement sans compromis, du courage avec lequel tu as affronté un système violent, et du sacrifice ultime que tu as consenti pour un peuple livré aux atrocités, à l’injustice et à la répression.

Trente-trois ans plus tard, la vérité est amère et brutale. Rien n’a fondamentalement changé. Les choses se sont plutôt empirées. La crise est devenue complexe. Le combat pour la démocratie et le fédéralisme que tu as mené avec tant d’autre patriotes a été confisqué par des prédateurs politiques, par des hommes et des femmes qui ont détourné l’Etat de sa mission qui est celui de protéger le peuple.

Monsieur le Débat, comme on t’appelait, tu avais compris, en avance sur ton temps, bien avant beaucoup d’autres qu’un pays ne se construit ni sur le mensonge, ni sur la peur, ni sur la violence institutionnelle. Compris que sans débat il n’y a pas de démocratie possible. Tu avais tracé une ligne claire entre ceux qui servaient la nation et ceux qui utilisaient le pouvoir pour l’opprimer.

Ton assassinat n’était ni un accident,
ni une bavure, ni un fait isolé.
Tu as été tué par ceux qui étaient censés garantir la sécurité des citoyens. Les ennemis de la paix et de la démocratie qui pensaient te réduire au silence ne s’imaginaient pas que le sang des martyrs continue à parler. Tu nous rappelle que l’appareil de l’État ne doit pas être transformé en instrument de répression violente. Il doit plutôt rester bouclier du peuple.

En effet, à ton temps, ton meurtre était un message froid et calculé adressé à tous ceux et à toutes celles qui refusaient de se taire, à tous ceux qui osaient croire que la parole pouvait encore libérer. Trente-trois ans après, ce triste message a échoué. Sont aujourd’hui nombreux qui tiennent allumé ton flambeau et continuent ton combat. Car la peur n’a pas effacé la vérité. Le sang n’a pas fait taire la mémoire.

Aujourd’hui encore, ta mémoire nous oblige et nous rappelle que la démocratie ne se mendie pas, qu’elle ne se concède pas, qu’elle s’arrache, qu’elle se défend, et qu’elle se paie parfois au prix du sang de ceux qui se battent pour elle.

Nous ne t’oublierons jamais.
Enoch NYAMWISI MUVINGI ,
martyr de la démocratie, assassiné par ceux qui ont cru à la violence en instrumentalisant l’État, l’amenant à trahir sa mission première.

Enoch NYAMWISI MUVINGI, ton combat n’est pas terminé. Il continue à travers nous, contre l’impunité, contre le mensonge d’État et contre toutes les formes de pouvoir qui se nourrissent de la peur du peuple. Nous avons dit » indique-t-il dans une narration publiée ce lundi 05 janvier à l’occasion de la commémoration du 33 ème anniversaire de l’assassinat du premier leader du l’Est de la République Démocratique du Congo après l’indépendance.

Malgré sa mort, son parti politique résiste, existe et demeure, porté par des jeunes ambitieux et des leaders engagés. Aujourd’hui, cette formation politique est dirigée par Simon Kazungu, député provincial honoraire du Nord-Kivu et actuellement conseiller au Sénat.

Rédaction