Kinshasa, 15 septembre 2026
— Alors que l’est de la République démocratique du Congo continue de faire face à des défis sécuritaires et humanitaires persistants, une voix s’élève pour inviter à la sérénité et au dépassement des clivages. Le notable congolais Jonas Kasimba appelle les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri à dépasser les débats stériles sur l’appartenance provinciale pour se concentrer sur ce qui les unit : un héritage historique partagé et des liens de sang inaltérables.
Des frontières fluides, une histoire partagée
Dans une réflexion consacrée à la mémoire administrative de cette région, Jonas Kasimba rappelle que les limites territoriales actuelles sont le produit de nombreuses mutations. Entre 1913 et 1933, rappelle-t-il, le Nord-Kivu et l’Ituri appartenaient à une même entité administrative.
« L’histoire d’un peuple est très compliquée dans une configuration à plusieurs mutations », souligne le notable.
Pour Jonas Kasimba, ces découpages administratifs successifs ne sauraient altérer le tissu social tissé sur le terrain au fil des générations.
La diplomatie du mariage : le sang plus fort que la carte
Au-delà des textes administratifs, ce sont les alliances intercommunautaires qui constituent le véritable ciment de la région. Jonas Kasimba met en avant les nombreuses unions matrimoniales qui lient la communauté Nande aux autres groupes ethniques de la région, notamment les Hema, Lendu, Kakwa, Boa, Bira, Bali et Lugbara.
Ces mariages mixtes, contractés dans un sens comme dans l’autre, continuent d’incarner une solidarité organique entre les populations :
- Unions transfrontalières : Des liens familiaux ancrés historiquement dans les deux provinces.
- Nouvelles générations : « Jusqu’à présent, il y a des enfants qui naissent des mariages entre des familles de l’Ituri et du Nord-Kivu », fait-il observer.
- Transcendance des limites : Une réalité biologique et sociale qui ignore les frontières administratives.
Bâtir une paix durable par la mémoire
Dans un contexte sécuritaire fragilisé par des années de tensions et de violences armées, cette lecture de l’histoire offre une voie de sortie par le haut. Pour Jonas Kasimba, la connaissance de ce passé partagé et la reconnaissance des alliances familiales doivent servir de levier pour la réconciliation.
« Je pense que la communauté devrait se dépasser de ce débat d’appartenance provinciale, mais plutôt construire une cohésion sociale entre groupes ethniques pour bâtir une paix durable à l’est du pays », conclut-il.
En replaçant l’humain et l’histoire au centre du débat, le notable rappelle une vérité essentielle : avant d’être des administrés du Nord-Kivu ou de l’Ituri, les habitants de l’Est sont unis par une même destinée et une même famille.
Rédaction