Beni, le 18 juillet 2026.
L’insécurité grandissante dans l’est de la République démocratique du Congo suscite une vague d’indignation légitime. Suite aux récentes attaques sanglantes attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le territoire et la ville de Beni, l’acteur politique et notable de la région, Maître Achille Kapanga, brise le silence. Face à l’horreur, son constat est sans appel : « Aux grands maux, les grands remèdes. »
Cette prise de parole forte intervient au lendemain d’une nouvelle tragédie à Mangina, où une dizaine de civils ont lâchement perdu la vie. Pour Me Kapanga, ce drame est le énième signal qu’un changement radical de stratégie est urgent.
Le paradoxe d’un surplace sécuritaire
Ce qui révolte avant tout le notable de Beni, c’est l’apparente inefficacité des forces en présence face à la mobilité des assaillants. Comment expliquer qu’une région si lourdement militarisée continue de pleurer ses morts ?
Le dispositif actuel est pourtant imposant :
Les Forces armées de la RDC (FARDC)
L’armée ougandaise (UPDF), dans le cadre des opérations conjointes
La MONUSCO
Les volontaires patriotes Wazalendo.
« La vie humaine n’a plus de valeur à Beni et en Ituri. À Mangina, à Madiwe, nous avons vu des actes ignobles. Cela fait très mal et pousse à la réflexion », déplore Maître Achille Kapanga.
Plus de dix ans après le début des massacres, il s’interroge ouvertement sur les moyens réels alloués aux troupes congolaises pour éradiquer définitivement la nébuleuse ADF.
Pour une stratégie de l’étau et une posture offensive
Me Achille Kapanga appelle à repenser totalement l’approche militaire sur le terrain. L’heure n’est plus à la réaction, mais à l’anticipation et à la neutralisation.
1. La mutualisation des forces en étau
L’acteur politique regrette le manque de coordination synchronisée entre les provinces provinciales. Il préconise un plan d’encerclement strict : déployer une force de blocage en Ituri et une force de frappe au Nord-Kivu afin de prendre l’ennemi en étau et l’empêcher de fuir d’une zone à l’autre.
2. L’urgence technologique et logistique
Les FARDC doivent abandonner la posture défensive pour adopter une posture résolument offensive. Pour ce faire, Me Kapanga interpelle directement le gouvernement central : l’armée doit être dotée de moyens matériels, logistiques et surtout des nouvelles technologies (drones de surveillance, renseignements accrus) pour traquer les rebelles dans les zones les plus reculées.
Un appel à la responsabilité des dirigeants
L’enjeu est aussi managérial et politique. Maître Achille Kapanga invite le gouverneur militaire du Nord-Kivu à réaxer ses priorités. En cette période de crise aiguë, le commandement des opérations doit primer sur tout le reste. Le chef de l’exécutif provincial devrait, selon lui, se focaliser entièrement sur les impératifs sécuritaires et déléguer les représentations protocolaires à ses collaborateurs.
Le message est clair : la population du Nord-Kivu a trop souffert. Pour vaincre les ADF, Kinshasa et le commandement militaire doivent désormais passer des paroles aux actes d’envergure.
Rédaction