Kinshasa, 02 février 2026
La minimisation des massacres perpétrés dans l’Est de la République démocratique du Congo n’a pas été au centre de la sortie médiatique du secrétaire général de la CENCO, a espéré le notable Achille Kapanga l’un des notables de Beni en province du Nord-Kivu, dans une publication publiée ce lundi 02 février à Kinshasa.
« J’ose espérer que la minimisation des massacres n’a pas été au cœur du discours de l’abbé Nshole » a estimé Me Achille Kapanga, avocat au barreau de la Tshopo pour qui « cette sortie médiatique relance un débat récurrent » ajoute-t-il
Selon cet avocat, une partie de l’élite kinoise peine encore à mesurer l’ampleur et la gravité des tueries qui endeuillent les provinces de l’Est depuis plusieurs années.
Ce notable de Beni, a affirmé qu’un tel discours n’aurait probablement pas été tenu par Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech, évêque du diocèse de Butembo-Beni, moins encore par son collègue de Goma, ce dernier vivant toutefois sous une pression sécuritaire permanente.
Ces responsables ecclésiastiques, a-t-il souligné, « ont payé un lourd tribut du conflit : prêtres assassinés, paroisses détruites et fidèles massacrés lors des différentes attaques armées »
Cet avocat a par ailleurs rappelé que la question de l’agression ne peut être éludée. « Qui agresse qui ? Qui viole le territoire de l’autre ? Qui déploie ses troupes sur le sol d’un État souverain ? », s’est-il également interrogé reconnaissant que ces interrogations sont d’autant plus légitimes surtout que le Rwanda a lui-même reconnu, à plusieurs reprises, son rôle de coordination dans les violences armées à l’Est de la RDC.
Sur le plan du droit, Me Achille Kapanga insiste sur le principe de la légitime défense. « Se défendre de manière légale est légitime face à une agression entraîne malheureusement des victimes », a-t-il soutenu tout en rappelant « que la perception de la crise varie fortement selon que l’on vit ou non dans les zones directement touchées.
Me Kapanga a ainsi reconnu que « l’intervention récente de l’abbé Nshole sur les ondes de Top Congo FM continue de susciter des réactions au sein de l’opinion publique et que cette sortie médiatique relance un débat récurrent, celui de la minimisation des massacres perpétrés dans l’Est de la République démocratique du Congo ».
« La vérité sur ce conflit doit être dite sans complaisance. C’est une exigence morale, juridique et patriotique », a conclu Me Achille Kapanga tout en estimant que minimiser les tueries à l’Est revient à nier la souffrance des populations victimes et à aggraver une tragédie humaine déjà profonde.
Article de l’ACP (Agence Congolaise de Presse)