Beni, le 29 septembre 2026
Une profonde inquiétude gagne les communautés riveraines et les autorités environnementales du territoire de Beni, dans le Nord-Kivu. Plusieurs carcasses d’hippopotames ont été découvertes flottant dans les eaux de la rivière Semuliki, au cœur du Parc national des Virunga (PNVi). Face à cette situation macabre dont les causes exactes restent à déterminer, la Direction provinciale de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) tire la sonnette d’alarme et appelle à une vigilance maximale.
Une alerte sanitaire et environnementale immédiate
Confirmant la gravité des faits, l’ICCN a immédiatement dépêché des spécialistes sur le terrain pour procéder à des prélevements biologiques. Les analyses de laboratoire sont actuellement en cours afin d’identifier l’agent pathogène responsable de cette hécatombe.
« Effectivement, nous confirmons la découverte de ces carcasses d’hippopotames dans la rivière Semuliki. Directement nous avons alerté nos partenaires vétérinaires qui sont spécialistes dans le domaine pour prélever les échantillons et nous sommes à l’attente des résultats. » a indiqué M. Méthode Uhose, Directeur des relations extérieures du Parc national des Virunga
La zone d’impact concerne des points stratégiques d’approvisionnement et de transit pour la population locale, notamment aux alentours de Hululu sur l’axe Beni-Kasindi et au niveau du bac de Kambo. Le risque de transmission de la maladie aux humains et aux cheptels de la région constitue la préoccupation majeure des autorités.
Mesures de prévention d’urgence à observer
En attendant la confirmation officielle des laboratoires, l’ICCN formule des consignes de sécurité strictes pour éviter tout drame de santé publique :
- Interdiction de consommation : Ne consommer sous aucun prétexte la viande d’un animal sauvage trouvé mort ou ayant succombé brutalement sans cause connue.
- Protection du bétail et des animaux domestiques : Garder une surveillance accrue sur les troupeaux. Éviter qu’ils ne paissent sur les herbes souillées ou n’entrent en contact avec les excréments et zones de passage des hippopotames.
- Pression sur l’eau de la rivière : Observer la plus grande prudence lors de la collecte d’eau et des traversées le long de la Semuliki.
L’ombre de la maladie du charbon (Anthrax)
Parmi les hypothèses médicales privilégiées par les experts vétérinaires, l’anthrax (ou maladie du charbon) figure en première ligne. Cette zoonose grave et dévastatrice est transmissible de l’animal à l’homme, rendant la situation particulièrement critique.
L’ICCN rassure toutefois la population : la zone le long de la rivière Semuliki reste sous étroite surveillance. Les équipes de patrouille du parc sont pleinement mobilisées pour sécuriser le périmètre, empêcher tout braconnage d’opportunité ou manipulation des dépouilles, et contenir la menace.
Zachée MATHINA