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Kinshasa, le 09 juillet 2026

– Face à l’asphyxie du système sanitaire dans la ville de Beni (Nord-Kivu), le cri d’alarme des forces vives trouve enfin un écho au sommet de l’État. Adressé au gouvernement le 25 mars 2026, le plaidoyer rigoureux de Jonas Kasimba, Président National du parti politique Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple (ACDIP), vient de recevoir une réponse positive de la Primature.

​ La Première Ministre a officiellement instruit le Ministre de la Santé Publique d’indiquer toutes les mesures urgentes prises et en cours d’exécution pour répondre à cette crise humanitaire sans précédent.

Un système de santé à l’agonie sous la pression démographique

​Dans sa note technique, le leader de l’ACDIP, Jonas Kasimba, dresse un état des lieux alarmant. Historiquement carrefour commercial et administratif de 700 000 habitants répartis sur 4 communes (Beu, Bungulu, Mulekera et Ruwenzori), la ville de Beni s’est transformée en une véritable « ville-refuge ».
​L’insécurité chronique et les exactions des groupes armés y ont entraîné un afflux massif de plus de 150 000 déplacés internes venus des territoires voisins du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Le constat est sans appel :

Alors que les normes de l’OMS préconisent un centre de santé pour 10 000 habitants, les structures locales de Beni couvrent désormais plus de 25 000 personnes chacune. Une seule parcelle abrite parfois 4 à 5 familles déplacées, sans infrastructures d’hygiène adéquates.
​Cette explosion démographique a provoqué une rupture imminente des services de soins :
​Saturation extrême : L’Hôpital Général de Référence (HGR) et les centres de santé fonctionnent entre 150% et 200% de leur capacité d’accueil, soignant les malades dans une promiscuité propice aux contaminations.

​Pathologies lourdes : Les structures font face à une double pression : la chirurgie de guerre (qui représente 65% des interventions) et la flambée des maladies hydriques due au manque d’eau potable.
​Barrière financière : Pour ces milliers de déplacés ayant tout perdu, le système de soins payant équivaut à une « sentence de mort ».
​Le plan d’action de l’ACDIP : Urgence structurelle et immédiate
​Pour « stopper l’hémorragie sanitaire », Jonas Kasimba structure son plaidoyer autour de deux axes stratégiques majeurs :

​1. La réponse immédiate et humanitaire
​Instauration d’une zone de gratuité des soins d’urgence pour les déplacés et les populations hôtes vulnérables, appuyée par l’organisation d’une caravane médicale nationale.
​Création d’un fonds spécial de contingence sanitaire pour l’achat massif de médicaments essentiels (antipaludiques, antibiotiques, kits de réhydratation) et d’aliments thérapeutiques pour contrer la malnutrition.
​Investissement d’urgence dans l’eau et l’assainissement (WASH) par le forage de puits dans les sites de regroupement pour prévenir une épidémie de choléra.

​2. La réponse structurelle à moyen terme
​Construction d’un second Hôpital Général de Référence dans la commune de Mulekera, zone à forte pression migratoire, afin de désengorger le centre-ville.
​Construction de nouvelles salles d’hospitalisation pour mettre fin au traitement indigne des malades à même le sol. Intégration de Beni dans la deuxième phase du programme PDL-145 Territoires, en priorisant la dotation en infrastructures sanitaires modernes.

​3. Soutien et sécurisation du personnel soignant
​Les professionnels de santé de Beni travaillent sous une pression physique et psychologique extrême. Jonas Kasimba appelle l’État à octroyer des primes de risques, à procéder à la mécanisation urgente des agents non encore pris en charge par l’État, et à sécuriser les infrastructures sanitaires régulièrement ciblées par des incursions armées dans les périphéries.
​Un enjeu de survie nationale

Pour le Président National de l’ACDIP, la résilience des habitants de Beni a atteint ses limites.

Si l’appui des ONG internationales (comme le CICR ou MSF) permet de maintenir un semblant d’activité, il ne couvre qu’une fraction des besoins réels. ​« L’accès aux soins de santé à Beni n’est plus une question technique, c’est une question de survie nationale », prévient Jonas Kasimba.

En saisissant le Ministre de la Santé, la Primature pose le premier jalon d’une intervention étatique massive et salvatrice, attendue de toute urgence par la population meurtrie de Beni.

Rédaction