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​Mungamba, province de l’Ituri le 10 septembre 2026

– Dans l’est de la République Démocratique du Congo, le cauchemar quotidien des civils prend une nouvelle tournure cynique. Ce jeudi 10 septembre 2026, au petit matin, les terroristes des Forces Démocratiques Alliées (ADF) ont une fois de plus imposé leur loi à la population locale en organisant une séance de « sensibilisation » forcée à environ 3 kilomètres du centre de Mungamba, sur le côté droit de l’axe routier Komanda-Kisangani.

​L’objectif de ce rassemblement imposé aux agriculteurs du coin : l’annonce unilatérale d’une nouvelle grille tarifaire pour le droit d’accéder à leurs propres terres cultivables. Pour pouvoir travailler dans leurs champs, chaque paysan doit désormais s’acquitter d’un « jeton » fixé à 30 000 francs congolais par personne, assorti d’une taxe d’exploitation de 25 dollars américains par hectare de cacao. ​Cette extortion financière met les producteurs locaux face à un dilemme tragique et insoluble. D’un côté, le groupe terroriste fait régner la terreur en punissant de mort tout accès aux cultures sans ce précieux laissez-passer payant. De l’autre, les autorités civilo-militaires congolaises considèrent la détention ou le paiement de ce jeton ADF comme une infraction pénale grave pour complicité ou financement d’activités terroristes.

​« Nous vivons maintenant entre le marteau et l’enclume », déplore sous couvert d’anonymat un agriculteur de Mungamba, la voix brisée par l’inquiétude.

« Du côté ADF, accéder à son champ sans jeton constitue une infraction pouvant conduire à la mort ; tandis que du côté du gouvernement, tout jeton intercepté est une infraction pénale. Nous ne savons plus quoi faire, nous sommes totalement bloqués. » Poursuit-il dans un ton de désespoir.

​Privées de leurs moyens de subsistance et abandonnées à ce piège juridique et sécuritaire, les communautés rurales de Mungamba lancent un cri d’alarme. Sans une intervention militaire décisive et une protection effective des axes agricoles, c’est toute l’économie locale et la survie de milliers de familles qui risquent de s’effondrer sous le double poids de la terreur insurgée et de l’impasse administrative.

Rédaction