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Kinshasa, le 14 août 2026

​Alors que le Nord-Kivu demeure le théâtre d’une guerre d’agression meurtrière, une nouvelle tempête politique et coutumière couve à Kinshasa. Dans un mémorandum sans concession, le Collectif des Jeunes Femmes Leaders du Nord-Kivu vivant dans la capitale pointe du doigt les agissements du Vice-Ministre des Affaires Coutumières, Jean-Baptiste Katurebe, l’accusant de fragiliser les autorités traditionnelles locales au profit d’intérêts personnels.

​Une déstabilisation en pleine crise sécuritaire

​C’est un cri d’alarme teinté d’indignation que poussent les représentantes de la jeunesse féminine du Nord-Kivu à Kinshasa. Selon ce collectif, le Vice-Ministre des Affaires Coutumières, Monsieur Jean-Baptiste Katurebe, multiplierait les manœuvres visant à destituer des chefs coutumiers légitimes dans plusieurs chefferies, groupements et villages de la province.

​Ces tensions ne datent pas d’aujourd’hui. Le document rappelle qu’en 2025, alors que la ville de Goma était directement menacée par la coalition M23-RDF-AFC, des tentatives similaires avaient été stoppées par la mobilisation citoyenne et la pression de la population locale. Début 2026, une nouvelle démarche visant la région de Beni s’était également soldée par un échec.
​Aujourd’hui, le collectif accuse le Vice-Ministre d’avoir franchi un nouveau cap depuis le 11 août 2026, en convoquant une commission jugée « illégale » pour préparer des arrêtés de reconnaissance de pouvoirs coutumiers sur mesure, écartant les dirigeants légitimes au profit d’usurpateurs.

​« En cette période critique de guerre d’agression, raviver artificiellement des tensions coutumières constitue une menace directe pour la cohésion sociale et la sécurité de nos populations », dénoncent les signataires.

​Convocations risquées et règlements de comptes politiques

​Outre le fond du dossier, la forme suscite une vive colère. Le Vice-Ministre est accusé d’avoir fait convoquer plusieurs chefs traditionnels à Kinshasa par le biais d’un télégramme officiel de sa tutelle, sans prévoir la moindre prise en charge financière ni garantie sécuritaire pour leurs déplacements dans un contexte de guerre.

​Pour les jeunes femmes leaders, la motivation derrière ces actions ne relève pas de la bonne gouvernance, mais bien du règlement de comptes personnel et politique. Elles évoquent notamment :

  • ​La contestation du statut coutumier du Vice-Ministre lui-même par certains de ses pairs ;
  • ​Des différends politiques nés des processus de cooptation et des dernières élections sénatoriales ;
  • ​Le mépris des décisions antérieures, la majorité de ces litiges ayant déjà été tranchés dans le respect de la loi par la Commission Consultative de Règlement des Conflits Coutumiers (CCRCC) du Nord-Kivu.

​L’intervention du Chef de l’État réclamée en urgence

​Face à ce qu’elles qualifient de dérive, les membres du collectif lancent un appel solennel aux plus hautes instances du pays :

  1. ​Au Président de la République : Il lui est demandé de rappeler à l’ordre le Vice-Ministre Jean-Baptiste Katurebe afin de faire cesser immédiatement la persécution des autorités coutumières du Nord-Kivu, en envisageant sa déchéance si nécessaire.
  2. ​Au Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité : Le collectif l’invite à ne pas signer d’arrêtés susceptibles d’envenimer la situation sur le terrain, et à geler toute initiative de résolution des conflits coutumiers au Nord-Kivu et au Sud-Kivu jusqu’à la fin des hostilités militaires, une recommandation qui avait d’ailleurs été formulée lors de l’atelier sur la restauration de l’autorité de l’État tenu à Kinshasa en juillet 2026.

​Alors que l’est de la République Démocratique du Congo a plus que jamais besoin d’unité et de stabilité, cette charge virulente contre le gouvernement central met en lumière les fractures profondes qui menacent l’équilibre fragile du pouvoir coutumier dans la région.

Rédaction