Oïcha, le 12 août 2026.
À Oicha, ancien chef-lieu du territoire de Beni devenu ville au Nord-Kivu, le compteur tourne et le malaise se fait de plus en plus sentir. Dans quelques jours, la municipalité franchira le cap symbolique des 100 jours depuis l’installation officielle de son nouveau maire et de son adjoint. Un chiffre clé qui met en lumière un vide administratif pour le moins paradoxal : la nouvelle ville ne compte toujours aucun bourgmestre à la tête de ses communes.
Cette absence pose une question cruciale au quotidien : comment l’autorité urbaine peut-elle piloter efficacement la cité en l’absence de cet échelon intermédiaire essentiel ? Le rouage institutionnel tourne actuellement à demi-moteur. Faute de texte régissant un lien de subordination directe en l’absence de bourgmestre, les chefs de quartier ne répondent pas directement devant le maire. Résultat : la chaîne de commandement locale se retrouve grippée, oscillant entre bricolage administratif et incertitudes territoriales.
Dans les états-majors politiques comme au sein de la population, l’hypothèse la plus plausible pointe vers une attente stratégique. Tout porte à croire que le maire temporise, suspendu à la désignation officielle et à la nomination de ses collaborateurs par la hiérarchie pour enfin structurer une administration digne de ce nom. En attendant que les autorités compétentes débloquent la situation, Oicha navigue à vue, espérant que ce cap des 100 jours servira d’électrochoc pour rétablir une gouvernance locale pleinement fonctionnelle.
Par la Rédaction