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Beni, le 30 juillet 2026.

​Au lendemain de la décision historique de la Cour constitutionnelle validant la loi référendaire, le débat politique fait rage en République démocratique du Congo. Sortant de son silence, le notable du Nord-Kivu et analyste averti, Maître Achille Kapanga, livre une lecture sans concession : si les réformes institutionnelles sont essentielles, la priorité absolue doit rester la pacification de l’Est du pays.

​Une dynamique institutionnelle sous le prisme des réalités du terrain

​Dans une interview accordée ce mercredi 29 juillet 2026, Maître Achille Kapanga a d’emblée salué l’engagement des institutions dans le déploiement du processus référendaire. Observant de près la ferveur et les arguments déployés par le pouvoir central, l’analyste compare cette effervescence politique à « une nourriture que l’on prépare aujourd’hui et qui sera consommée demain par la population », rappelant ainsi que l’impact réel de cette réforme reposera directement sur le quotidien des Congolais.
​Cependant, face à cet enthousiasme institutionnel, le notable dresse un constat amer sur la situation humanitaire et sécuritaire. Pour lui, l’équation démocratique ne peut se résoudre si une partie du territoire reste à l’agonie.

​« On ne doit pas aller au référendum sans tête ni pieds »

​Comment voter sous les bombes ? C’est le cœur de la mise en garde lancée par le notable du Nord-Kivu. Face à la persistance des violences, aux massacres et aux déplacements massifs de familles chassées de leurs villages par les groupes armés, l’organisation d’un scrutin à l’Est ressemble à une équation impossible.

​« Un peuple qui est en train de fuir, un peuple qui traverse un véritable calvaire, ne peut pas participer sereinement à un référendum », tranche-t-il avec véhémence.

​Pour Maître Kapanga, organiser une consultation nationale dans un tel chaos risquerait de fragiliser la légitimité même du scrutin. Il exhorte ainsi le gouvernement à stopper en urgence « l’hémorragie sécuritaire » avant d’envisager d’amener les citoyens aux urnes. La restauration de la paix sur toute l’étendue de la République ne doit pas être une promesse parallèle, mais le prérequis absolu d’un vote crédible, inclusif et apaisé.

​L’opposition appelée à la maturité démocratique


​Si son message à l’égard de l’exécutif est clair, Maître Achille Kapanga n’épargne pas non plus l’opposition politique. L’interpellant directement, il l’invite à dépasser les postures de confrontation stérile et à privilégier la force des arguments.
​Selon lui, s’opposer au projet de référendum exige d’éclairer la population par un débat d’idées structuré plutôt que de multiplier les appels à descendre dans la rue sans feuille de route claire des actions qui, selon lui, risquent d’exposer inutilement les citoyens à de nouvelles tensions.

​La stabilité nationale, fondement de toute réforme

​En somme, pour le notable du Nord-Kivu, la ligne de conduite doit être limpide : pas de réforme institutionnelle durable sans une stabilité préalable.

​La République démocratique du Congo se trouve à un tournant de son histoire. Si l’aspiration à la modernisation de ses institutions est légitime, elle ne pourra concrètement s’épanouir qu’une fois la paix définitivement rétablie. La sécurité du peuple congolais demeure, plus que jamais, le contrat social ultime sur lequel repose l’avenir de la Nation.

​Par Héritier KAZADI