Partager

Beni, le 20 juillet 2026

​À Kyavinyonge et dans le territoire de Beni, le conflit foncier opposant l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) aux riverains du Parc National des Virunga prend une tournure éminemment politique et sociale.

Le député provincial Kambale Marondo Roger monte au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de mainmise illégale sur les terres coutumières et rejette catégoriquement le dernier rapport de la commission ad hoc sur les limites du parc.

​Un appel ferme à la restitution des terres

​Réunis à Beni lors d’une concertation d’urgence aux côtés des chefs coutumiers et des comités d’agriculteurs locaux, l’élu du territoire de Beni a haussé le ton face aux méthodes de l’ICCN. Selon Kambale Marondo Roger, l’institut de conservation ne dispose d’aucun acte de cession officiel lui attribuant cette portion du territoire.

​« La terre appartient aux autorités coutumières. L’ICCN doit cesser d’utiliser la COPEVI (Coopérative des Pêcheurs des Virunga) comme son marchepied à Kyavinyonge. Nous exigeons la restitution pure et simple de toutes les terres appartenant aux chefferies, conformément aux repérages officiellement reconnus » a lancé Kambale Marondo Roger, Député provincial.

​L’élu accuse également l’organisme de recrutement opaque, affirmant que l’ICCN intègre des personnels méconnaissant les réalités historiques des chefferies et la cartographie locale des points de repère.

​Un rapport contesté et un appel au boycott de sa vulgarisation

​Au cœur de la discorde se trouve le rapport produit par la commission ad hoc, une structure censée examiner de manière technique, participative et objective la question des limites du parc. Destiné à être vulgarisé auprès de la population après sa remise à l’autorité provinciale, ce document est qualifié de « faux rapport » par le député et les acteurs locaux, qui soulignent qu’il avait été contesté dès le départ par plusieurs membres de la commission eux-mêmes.

​Le député Marondo Roger s’oppose à la signature de toute feuille de route visant à entériner ces conclusions et formule des directives claires aux forces vives de la région :
​Rédaction d’un mémorandum : Un appel est lancé à la société civile, aux chefs coutumiers et aux comités d’agriculteurs pour refuser officiellement la vulgarisation de ce rapport.

​Rejet de la révision du décret-loi avant démarcation : L’élu estime qu’une révision réglementaire constituerait une procédure inutilement longue et dilatoire avant la démarcation effective.

​Confrontation avec les acquis de 2013 :

Le député exhorte le Gouverneur de province et la commission à se référer aux anciens travaux de 2013, ou à minima de confronter le rapport actuel à celui de 2013 pour établir des limites justes.

​Vers une médiation du Gouverneur de province ?

​Face à ce blocage qui menace le climat social déjà fragile dans le territoire de Beni, le message des riverains et de leurs représentants est limpide : le Gouverneur provincial doit intervenir directement pour réunir les autorités coutumières légitimes et procéder à la restitution des points de repère historiques à la population.

​Alors que la pression monte sur le terrain, le bras de fer entre la conservation de la biodiversité et le respect des droits fonciers coutumiers réclame plus que jamais une réponse politique courageuse et concertée.

Rédaction