Dans une note de plaidoyer du 09 mars 2026, le parti politique « Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple (ACDIP) » de l’acteur politique Mumbere Kisalu-Wa-Kasimba Jonas a saisi le Directeur Général de la Société Nationale d’électricité (SNEL) pour motiver et justifier le besoin et la nécessité de l’électrification de la chefferie des Watalinga en territoire de Beni dans le cadre du protocole d’interconnexion d’énergie électrique signé à Kinshasa le 09 août 2017 entre la RDC et l’Ouganda, dont la phase pilote a été expérimentée en cité de Kasindi.

À travers cette note, l’ACDIP rappelle que l’accès à l’énergie fiable est et reste le principal catalyseur de la modernisation d’une agglomération. Pour le cas particulier de la chefferie des Watalinga en pleine croissance, poursuit le parti politique, l’électrification ne représentera pas seulement un confort domestique, mais sera par ailleurs une infrastructure de base indispensable pour briser le cycle de l’économie de subsistance et favorisera l’émergence d’un pôle économique dynamique dans cette partie du pays. Le parti cher au Notable de la région de Beni-Lubero, Jonas Kasimba reconnaît que l’électrification de Watalinga aura un impact socio-économique, environnemental et sécuritaire.
Outre la présentation de la chefferie des Watalinga, la note de plaidoyer est axé sur quatre autres principaux points dont l’électricité, vecteur de transformation industrielle et son impact sur le développement socio-économique de la chefferie des Watalinga (1), la protection de l’environnement et transition écologique (2), le renforcement de l’ordre public (3) et la conclusion (4).

S’agissant du point relatif à l’électricité comme vecteur de la transformation industrielle, l’ACDP souligne qu’au regard de la croissance économique et démographique qui s’observe dans cette partie du territoire national, il est clair que son électrification permettra le passage d’une économie de récolte à une économie de la valeur ajoutée à travers la création des unités de transformation et de conservation des produits agricoles sur place dont le cacao et le café, en vue de leur exportation selon les normes requises. L’électrification, renchérit l’ACDP, favorisera également l’émergence de petites et moyennes industries (PMI) et d’ateliers artisanaux plus productifs et contribuera ainsi à la diminution du taux des chômages des jeunes qui s’en donnent à l’exode rural. Selon l’esprit de la note, l’électrification de la chefferie des Watalinga permettra le développement du secteur de santé qui, par son fonctionnement nécessite la permanence d’une source d’énergie stable comme par exemple pour la conservation des vaccins et d’autres intrants médicaux, la pratique des interventions chirurgicales sécurisées et même l’opérationnalisationdes services de morgue qui sont inexistants dans la région, obligeant la population de parcourir plus de 100 Km pour en obtenir. Le développement du secteur tertiaire avec l’ouverture des bureautiques, des banques, des services de télécommunication qui nécessitent également une source d’énergie stable sera aussi possible grâce à cette électrification. Ce, grâce à l’interconnexion de cette chefferie avec l’Ouganda.

Sur le plan de l’environnement, à en croire ACDIP, l’électrification de la chefferie des Watalinga dans laquelle s’étend le Parc National des Virunga (PNVi) constitue un levier majeur pour la préservation des écosystèmes locaux par la lutte contre la déforestation en réduisant le recours aux bois de chauffage. Cette électrification, indique toujours le parti de Jonas Kasimba, contribuera à réduire la pollution à travers le remplacement des groupes électrogènes individuels, bruyants et fortement émetteurs de CO2.
Pour ACDIP via sa note de plaidoyer, l’électrification de la chefferie des Watalinga qui est une porte d’entrée importante pour la RDC et où la population bénéficiaire est à mesure de payer les services de l’électricité qui seront fournis par la SNEL, permettra de matérialiser le développement socio-économique, sécuritaire et environnemental, générer un effet multiplicateur sur le PIB local et de transformer cette agglomération d’un simple lieu d’habitation en un bassin d’emplois attractifs en limitant l’exode rural.

En effet, à 2017, la RDC et l’Ouganda ont relancé un projet d’interconnexion électrique pour relier Kasese (Ouganda) aux villes de Beni, Butembo et Bunia (Nord-Kivu/Ituri). Ce projet vise à importer l’excédent d’énergie hydroélectrique ougandais pour combler le déficit dans l’Est de la RDC, s’inscrivant dans une démarche de coopération régionale et de stabilisation transfrontalière.
Signé entre les deux pays, cet accord prévoit la construction d’une ligne haute tension (220 KV) pour fournir de l’électricité à plusieurs régions de l’est de la RDC.
Le projet implique un cofinancement. L’Ouganda avait prévu d’apporter une contribution significative, soutenue par des investissements pour la construction d’infrastructures de transport ; l’objectif étant de réduire le déficit énergétique dans l’est de la RDC, améliorer le commerce transfrontalier et renforcer la coopération économique et la sécurité dans la région.
Article du journaliste Philémon Kachelewa