Butembo, le 30 mars 2026.
Dans cette correspondance adressée au Président de la République, à l’occasion du mois de la femme ( mars 2026), cette actrice Socio-politique alerte sur la gravité de la crise sécuritaire, économique et humanitaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo, en particulier la province du Nord et Sud-Kivu, dont la ville de Butembo.
Face à la dégradation des conditions de vie, Arlette Maghulu plaide pour des mesures immédiates, notamment l’exemption des frais de douane sur les produits de première nécessité et les matériaux de construction, afin de contenir la flambée des prix pour soulager la misère de la population.
Elle recommande également la suppression des taxes sur les intrants agricoles pour soutenir la production locale et prévenir une crise alimentaire. L’ingénieure Arlette Maghulu Masika, insiste, par ailleurs, sur la nécessité de proroger le décret-loi relatif à l’allègement fiscal, tout en dénonçant son application partielle par certains services publics, dont la Direction Générale des Impôts.
La situation des déplacés dans les zones de Beni, Butembo et Lubero est jugée « alarmante » alerte-t-elle. Elle appelle à la création d’un fonds spécial pour la prise en charge de ces personnes.
Elle alerte également sur la prolifération des boissons fortement alcoolisées issues de l’importation d’éthanol, qu’elle considère comme un facteur aggravant de la désintégration sociale en période de conflit.
Dans sa lettre, Arlette Maghulu exige plus de clarté de la part des parlementaires sur les négociations de paix en cours et sur la stratégie nationale de lutte contre les groupes armés actifs dans l’Est du pays, notamment dans les régions de Beni, Lubero, Ituri et Tshopo.
Elle dénonce en outre les dysfonctionnements dans certaines régies financières, dont la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), ainsi que les tracasseries administratives qui entravent les activités économiques.
Sur le plan sécuritaire, elle propose la mise en place d’une cellule spéciale antiterroriste, le renforcement du renseignement, l’instauration de mécanismes numériques de contrôle et l’encadrement de la défense communautaire.
Enfin, elle suggère la construction d’un mémorial en hommage aux victimes des violences armées, afin de préserver leur mémoire et promouvoir la justice. Tout en saluant certains efforts du gouvernement provincial, notamment dans le domaine sécuritaire, les actions humanitaires, ainsi que des projets d’infrastructure comme l’aéroport de Mavivi à Beni et le programme « 100 ponts », Arlette Maghulu appelle les autorités nationales à agir « avec urgence, courage et détermination ».
En tant que présidente de l’Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple (ACDIP) parti politique cher au notable Jonas Kasimba, Arlette Maghulu affirme, qu’elle exprime et porte les cris de détresse des miliers des familles devenues malheureuses à cause de la guerre, « un cri du cœur » au nom des populations affectées par la guerre.
Dépêche de Jackson, depuis Butembo