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En République Démocratique du Congo, le débat autour d’une éventuelle révision ou d’un changement de la Constitution continue de susciter de nombreuses réactions dans la classe politique et au sein de l’opinion publique.
Face à cette controverse, l’acteur politique Maître Achille Kapanga suggère une approche qu’il juge plus démocratique : consulter directement la population à travers une pétition nationale.

Selon lui, la question constitutionnelle ne devrait pas être exclusivement portée par les acteurs politiques. Il estime que ces derniers se sont largement approprié ce débat, ce qui alimente régulièrement les tensions et les polémiques chaque fois qu’ils s’expriment sur le sujet.

Maître Kapanga cite notamment les réactions suscitées par les déclarations de certaines figures politiques, parmi lesquelles Évariste Boshab, Modeste Bahati Lukwebo et André Mbata. À ses yeux, ces prises de position contribuent davantage à polariser l’opinion qu’à favoriser un consensus national autour de la question constitutionnelle.

Dans ce contexte, il invite les responsables politiques à faire preuve de retenue afin de permettre aux citoyens de s’exprimer librement. Il propose ainsi l’organisation d’une pétition populaire à l’échelle nationale, qui permettrait à la population de se prononcer clairement pour ou contre une éventuelle révision de la Constitution :

« Dans ce dossier, le véritable arbitre doit être le peuple », soutient-il.

Pour justifier sa démarche, Achille Kapanga se réfère aux articles 22 et 60 de la Constitution, qu’il considère comme des dispositions garantissant la liberté d’expression ainsi que la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques.
Cette proposition intervient dans un climat déjà marqué par la récente déclaration de Modeste Bahati Lukwebo, selon laquelle « le problème du Congo n’est pas sa loi, mais les personnes qui n’arrivent pas à faire appliquer cette loi ».

Ces propos ont suscité de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux où plusieurs internautes ont contesté cette analyse. Dans la foulée, une pétition aurait même été initiée contre le responsable politique, illustrant la sensibilité et la forte polarisation du débat autour de la Constitution en RDC.

Pour Maître Achille Kapanga, permettre à la population de se prononcer directement pourrait contribuer à apaiser les tensions politiques et à renforcer la légitimité de toute décision concernant l’avenir de la Constitution congolaise.

Texte du journaliste Fiston Muhindo