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Beni, le 06 février 2026

Les menaces liées à la sécurité publique, à la dégradation de la voirie urbaine, à l’eau et à l’environnement dans la province du Nord-Kivu particulièrement dans la région de Beni-Butembo dans l’Est de la République Démocratique du Congo, font l’essentiel de l’alerte faite à l’autorité provinciale par le député honoraire Mufunza Bayengo Ghislain dans une correspondance déposée au Gouvernorat depuis le 02 février 2026, œuvrant temporairement à Beni de suite à l’occupation de la ville de Goma par les rebelles du M23-AFC.

« Tout en saluant votre volonté de restaurer la paix dans la Province, nous constatons certaines failles qui sont à déplorer dans les Quartiers et Agglomérations périphériques de la Ville de Beni et de Butembo et dans le Secteur de Bapere en Territoire de Lubero. En effet, des personnes mal intentionnées opèrent nuit et jour, pillent et dépouillent la population civile de ses biens, tuent, massacrent et violent, ce qui met mal à l’aise la situation sécuritaire et humanitaire déjà fragile » alerte Mufunza Bayengo Ghislain ancien député provincial et Maire honoraire de la ville de Beni, tout en déplorant la néglige des alertes de la population civils qui engendrerait un climat de méfiance entre la population et les services de sécurité.

« Des cris d’alerte nous sont rapportés du jour au jour par les habitants, en vue de dénoncer ces abus. Cette situation inquiéte, et semble être à la base du retrait de la confiance de la population en vos services »

Sur le plan sécuritaire, ce notable n’a pas seulement déploré, mais il a également formulé certaines pistes de solutions à l’autorité provinciale à ce terme;

« Pour lutter efficacement contre cette recrudescence d’insécurité, il serait impérieux de:

  1. Renforcer le pouvoir des Autorités de base, car étant directement proche de la population.
  2. Réinsérer les jeunes vulnérables, pour réduire le crime urbain et développer la police communautaire
  3. Renforcer les capacités des forces de l’ordre, en montant une coordination chargée de les suivre de près. Et surtout les équipes de patrouille, car le doute plane sur leurs prestations pendant leurs missions, Mais aussi, les renforcer dans les coins chauds et des lieux isolés, ainsi que sur les points d’entrée en ville comme en territoire, en leur dotant des moyens de réponse urgente, et cela, sous votre coordination directe, en vue d’éviter les abus.
  4. Remettre de l’ordre dans les rangs des services spécialisés, pour qu’ils suivent leurs missions régaliennes et éviter toute ingérence, car leurs procès-verbaux conduisent parfois à des arrestations et en détentions arbitraires, ce qui engendrent des règlements de compte et un cycle de violence.
  5. Plaider auprès du Gouvernement central, afin qu’il intervienne dans le délai opportun, pour le versement du solde à payer et pour la ration alimentaire des Militaires et des Policiers, ainsi que pour la RAD Excellence Monsieur le Gouverneur, sachez que là où l’autorité hésite, la violence s’installe durablement. C’est ainsi que chaque jour qui passe sans décision ferme, est un jour de trop pour la population livrée à la peur, car attester la sécurité des personnes et de leurs biens n’est pas une option politique, mais est une mission régalienne et évite toute méfiance de la population envers les forces de l’ordre. La population de Beni attend des patrouilles dissuasives et robustes, une présence militaire et policière permanente et une coordination réelle » pense Ghislain Mufunza Bayengo.

En propos de la dégradation de la voirie urbaine, ce maire honoraire de la ville de Beni et dignitaire de la région de Beni-Butembo rappelle à l’autorité provinciale qu’une voirie témoigne une bonne ou mauvaise gouvernance aussi d’une entité au delà de constituer un miroir pour cette derrière.

« Excellence Monsieur le Gouverneur, il sied de vous rappeler que la Vairie constitue une des principales clés pour le développement de toute entité, car c’est un miroir pour notre Ville de Beni, qui est devenue le Siège provisoire des institutions provinciales. Loin de minimiser les efforts déployés par vous et par votre équipe, aux côtés du Ministre d’Etat chargé des infrastructures, et surtout le lancement de la Route Butemba-Kanyabayonga, Butembo-Beni, de l’Aéroport de Mavivi et la construction de certains ponts dans le Territoire de Lubero, force est de constater avec amertume, qu’en Ville de Beni, les Boulevards, les Rues, les Avenues et les Ponts ne cessent de se dégrader et atteignent un niveau largement inquiétant par manque d’entretiens réguliers. A cet effet, il convient de souligner que Beni mérite des Routes et des Ponts à la hauteur de son rôle institutionnel. Une Capitale provisoire d’une Province ne peut pas fonctionner sur des routes délabrées Malheureusement, l’état actuel de la Voirie urbaine de la Ville de Beni constitue une menace directe à la sécurité des populations et à l’immobilité des forces de l’ordre, d’un coin à un autre » déplore-t-il, avant d’ajouter que;

« La réhabilitation de la voirie est un impératif stratégique pour le contrôle efficace du territoire urbain. La Population de Beni attend impatiemment un plan d’urgence de la réhabilitation de la Voirie, et sollicite des travaux visibles, planifiés et exécutés endéans un délai précis. Je ne viens pas dénoncer, mais je viens alerter, car la Voirie de Beni est devenue un frein institutionnel, et terni son image » poursuit-il.

Mufunza Bayengo Ghislain, qui connaît l’importance de l’eau potable dans une entité car ayant été l’un des principaux acteurs du projet « FONTAINE MIYA MOJA » de l’ONG solidarité à Beni, n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme sur la problématique de dessertes en eau potable à Beni-Butembo.

« Il est inconcevable que la population de la Ville de Beni puisse manquer de l’eau propre fournie par la REGIDESO, qui est un service habilité en la matière, et surtout en cette période de sécheresse qui va encore durer au moins trois mois. Alors qu’en terme des chiffres, l’eau douce au Nord-Kivu ne représente qu’environ 2% de l’eau disponible, contre 98% de l’eau male propre. Cette rareté impose une gestion rigoureuse de l’eau douce. Malheureusement, faute d’un accés généralisé par la population à des eaux correctement traitées, une partie importante de la population de la ville de Beni est contrainte de consommer de l’eau polluée, avec des conséquences graves sur la santé. Il suffit de se référer aux statistiques des Hôpitaux de la Ville pour s’acquérir de la situation du nombre largement élevé des maladies hydriques, car celles-ci représentent plus de 70% des maladies soignées dans la Zone de Santé de Beni, selon le Rapport allant de la période de Juin à Décembre 2025. Sur ce, je tiens à attirer votre attention sur la nécessité urgente de protéger les installations de captage de la REGIDESO et la régularité de ses Factures conformément à l’eau exactement consommée. Par ailleurs, les Pompes et les Filtres datent de l’époque du Zaire et qui ne fonctionnent pas dans le site de captage de Tuha par manque de l’énergie et cela suite à une rareté d’eau causée par le manque de canalisation des rivières Lubahemba et Biautu et par la petitesse des tuyaux ou le nombre insuffisant des filtres qui ravitaillent le site de Kalongo, qui sont les problèmes majeurs pour le manque d’eau dans la Ville de Beni, alors que « L’eau c’est la vie », et non un slogan, car la vie des millions des personnes en dépend. Un autre grand problème lié à l’hygiène est la gestion calamiteuse des déchets biodégradables et non des lessives biodégradables. Il s’observe un relâchement sans précédent de la gestion de ces déchets dans la Ville de Beni, ce qui amène la population à les déverser directement dans les rivières. Cette situation incontrôlée et chaotique causée par les Entreprises ayant gagné le marché dans l’assainissement de la Ville, est une bombe à retardement qu’il faut détruire avant son explosion. Des Entreprises spécialisées dans la collecte, le tri et la transformation des déchets en biogaz existent. C’est d’ailleurs l’option qu’il faut privilégier, plutôt que de maintenir les autres Entreprises qui jettent les déchets collectés dans les rivières » insiste l’Honorable Mufunza Bayengo Ghislain.

« Eu égard à ce qui précède, je vous supplie Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province, en tant qu’autorité provinciale de vous investir dans les points suivants :

  1. Octroyer les marchés de gestion de l’environnement à d’autres Entreprises pour créer une forte concurrence et un travail sérieux comme c’est le cas à Goma ou à Bunia;
  2. Interdire les véhicules poids lourds de circuler sur les avenues secondaires, de peur de casser les quelques ponts construits sur fonds propres et par la sueur de la population;
  3. Instruire la REGIDESO de fournir en permanence de l’eau à la population de la Ville en procédant au débouchage des tuyaux et canaux obstruant la desserte régulière en eau potable, ainsi qu’au remplacement des pompes et filtres non fonctionnels;
  4. Instruire la Société « Energie du Nord-Kivu », en collaboration avec les services provinciaux de l’énergie, dont la Maine, de placer des Lampes Publiques sur les Rues, à défaut libéraliser le secteur en permettant aux autres Sociétés de produire de l’énergie;
  5. Associer d’autres Entreprises à la construction des Routes, des Boulevards, des Rues, des Avenues et des Ponts, pour une bonne compétitivité et ce, dans le respect strict de la loi relative aux marchés publics;
  6. Octroyer le marché de gestion et la valorisation des déchets aux Entreprises qui les transforment en biogaz ou en engrais biologique Ci-joint, vous trouverez notre document technique de gestion des déchets et d’entretien et/ou réparation de la voirie » a-t-il conclu.

A en croire ce député honoraire, la population civile de Beni attend impatiemment des mesures immédiates et coordonnées pour garantir sa protection.

Rédaction